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Piégé de Lisa Moore

Piégé de Lisa Moore
Piégé de Lisa Moore

Résumé :

Juin 1978. David Slaney s’échappe de prison. En cavale, il n’a qu’un but : retrouver Brian Hearn, son ancien complice, pour monter la plus grande opération de contrebande de cannabis jamais vue au Canada. Monter une telle opération, cela veut dire traverser le pays en stop, s’embarquer sur un voilier et mettre le cap vers la Colombie. Cela veut dire l’horizon infini, les femmes, la liberté. Tout ce qui manque si cruellement à un homme enfermé entre les quatre murs d’une cellule. D’abord étonné de la facilité avec laquelle les astres semblent favoriser son entreprise, Slaney se demande peu à peu à qui il doit cette chance qui lui sourit avec autant d’insistance.

L’auteur : Lisa Moore vit à St. John’s, à Terre-Neuve. Ses nouvelles ont paru dans les plus importants magazines au Canada. Elle est aussi l’auteur d’un premier recueil, Degrees of Nakedness, qui a été encensé par la critique.

Mon avis :

Un bon thriller dont on tourne vite les pages.

Cela ressemble à un remake du feuilleton “Le fugitif” : dès qu’il sort de prison, le héros court et on le suit dans cette échappée. Très peu de répit pour lui et pour nous lecteur. On l’apprivoise petit à petit car il nous dévoile ses failles et faiblesses tout en nous émouvant avec ses histoires d’enfance. A ses côtés, son meilleur copain Hearn, sa fiancée, des flics : toute une galerie de personnages bien campés auxquels on s’attache. Le peu d’empathie que l’on ressent au départ pour David est sûrement voulu par l’auteur, cette sensation s’efface rapidement.

Le style est déroutant aussi : les dialogues sont inclus dans le texte sans distinction, ce qui perturbe au départ, puis on s’y habitue.

L’histoire de cette cavalcade qui emporte le héros, au travers du Canada puis sur la mer vers la Colombie, ressemble plus à un récit d’aventure. Ce n’est pas un thriller classique, plutôt une fine analyse de la jeunesse, l’amitié et la quête d’identité. Notre héros se pose beaucoup de questions qui se résolvent petit à petit.

Un roman original donc qui combine suspense et réflexion sur la condition humaine.

A découvrir.

Merci aux éditions Denoël.

Piégé est un roman hors norme, combinant la complexité associée à la meilleure littérature avec le pur plaisir de tourner les pages qu’apportent les thrillers. National Post

Trad. de l’anglais (Canada) par Claudine Vivier

Collection Denoël & d’ailleurs

Parution : 11-09-2014

 

 

Notation :

Le cercle des femmes de Sophie Brocas

Résumé :

Le cercle des femmes de Sophie Brocas
Le cercle des femmes de Sophie Brocas

« Je rejoins Maman dans la maison fraîche. Elle poursuit son patient travail de tri : le tas des choses à jeter, le tas des choses à conserver, le tas des choses pour lesquelles on verra plus tard. Qu’est-ce qu’il m’a pris de me mettre à quatre pattes pour regarder sous la grande armoire ? Ma main a tiré à elle une énième boîte à chaussures. J’ai soufflé la pellicule de poussière qui recouvrait son couvercle avant de le soulever. » Réunies durant quelques jours à la campagne à l’occasion des funérailles de leur aïeule et amie, quatre générations de femmes partagent leur intimité et leur deuil. La jeune Lia découvre par inadvertance un secret de famille jalousement gardé pendant soixante ans.

L’auteur : Sophie Brocas travaille aujourd’hui au service de l’État. Le Cercle des femmes est son premier roman.

Mon avis :

Un roman attachant sur la transmission et les conséquences des secrets de famille.

Écrit par une femme et centré sur l’histoire de quatre femmes, de l’arrière-grand-mère à Lia âgée de 20 ans, nous suivons l’évolution de ces quatre vies après la découverte d’un lourd secret de famille.

Lia, en aidant à trier les affaires de son arrière-grand-mère, tombe sur des lettres écrites soixante ans plus tôt. Les secrets mis au jour bouleversent les trois générations de femmes. Et si Alice, qui vient de décéder, était une toute autre femme que ce qu’elle a montré à ses descendantes ? Qui était son mari ? Quelle vie ont-ils eu ? Sol, la fille d’Alice a eu une seule fille et de multiples maris, sa fille, la mère de Lia n’a gardé aucun homme. Comment briser le cercle des femmes se dit Lia ?

Marie, amie d’enfance de l’aïeule, apporte son soutien et son dynamisme à Lia. Au cœur du récit, cette dernière, amie proche d’Alice connaît tous les secrets.

J’ai aimé les vies entrelacées de ces quatre femmes, l’histoire m’a tenue en haleine jusqu’au bout. Le style est fluide, agréable avec une émotion palpable constamment. Les personnages les plus attachants sont Lia et Marie : malgré les soixante ans qui les séparent, elles sont très proches et seule Marie pourra aider Lia à surmonter la malédiction familiale.

Un premier roman à découvrir et que je conseille.

Merci Les matchs de la rentrée littéraire 2014 pour cette lecture.

 

 

 

Notation :

Mai en automne de Chantal Creusot

Résumé :

Tout commence avec l’innocente Marie Granville, servante d’une riche ferme du Cotentin. L’admirable portrait de cette ingénue ouvre un roman gigogne qui se déploie de chapitre en chapitre. C’est ainsi qu’on découvre les Vuillard et les Lamaury, le procureur Darban, l’avocat Laribière et ses réceptions tristes sous l’Occupation. Au gré des folies de l’adolescence, du jeu sans fin des fiançailles, des petits et grands désastres du mariage bourgeois, on ressort bouleversé par les figures de femmes qui habitent ce roman limpide, construit par bonds et retours fulgurants, comme pour tout saisir de l’appel désespéré du désir, tandis que le bonheur se dérobe comme un rêve d’enfance.

Mai en automne
Mai en automne

L’auteur :

En clinicienne des passions humaines, Chantal Creusot se penche sur les mystères de l’état amoureux et de ses revers. Saisissant et nostalgique, proche de l’univers balzacien ou de celui de Chabrol, Mai en automne ravive tout un monde oublié qui se remet à palpiter. Cet unique roman, écrit dans la prémonition de ses dernières années, est le livre d’une vie, l’inoubliable testament romanesque d’une femme du XXe siècle.

Mon avis :

Des portraits de femmes saisissants et à fleur de peau. L’émotion nous étreint tout au long de la lecture face à ces destins désenchantés.

La construction du récit est cependant complexe car non linéaire et peut désorienter. Néanmoins, l’intérêt de l’histoire et l’attachement aux personnages nous accrochent.

En effet, on passe d’une héroïne à l’autre de manière désynchronisée tout en alternant les points de vue. L’histoire démarre avec Marie, une jeune servante, un esprit simple qui ne s’émeut jamais et semble à côté de la vie : seule dans sa maison, elle vaque à ses occupations et devient la servante de fermiers pour gagner sa vie. Une fille effacée qui parvient à devenir une présence incontournable pour la fermière, son employeur.

Autre histoire, celle de Solange, jeune fille charmante, coquette dont la vie va basculer après son mariage. Marianne, la meilleure amie de Solange se débat avec les conséquences de sa relation avec son père, un amour exclusif.

Ce sont les quatre familles de ces jeunes gens que nous suivons : fermiers, avocat, médecin ou procureur, une vie provinciale ponctuée par les mariages, naissances et histoires chuchotées. Une grande chronique familiale sur le thème de la destinée et de la fatalité avec une touche de désenchantement.

Une belle écriture très fluide, de l’émotion, un contexte historique autour de la guerre et de l’occupation rendent ce livre très attachant.

Je vous le recommande vivement.

Quelle bonne idée des éditions Zulma, cette version “poche”. N’hésitez pas, procurez-vous le.

D’autres avis : « Elle s’amusait d’un rien, riait de tout » Par Hubert Haddad

« Chantal Creusot n’écrira pas de second livre. Comme ses personnages, elle est née, elle a vécu. Elle nous laisse un roman magnifique. » Sylvie Testud — Le monde des livres.

 

 

Notation :

Rentrée littéraire : Trente six chandelles de Marie-Sabine Roger

Résumé :

Trente six chandelles de Marie-Sabine Roger
Trente six chandelles de Marie-Sabine Roger

Allongé dans son lit en costume de deuil, ce 15 février, à l’heure de son anniversaire, Mortimer Décime attend sagement la mort car, depuis son arrière-grand-père, tous les hommes de sa famille sont décédés à onze heures du matin, le jour de leurs 36 ans. La poisse serait-elle héréditaire, comme les oreilles décollées ? Y a-t-il un gène de la scoumoune ? Un chromosome du manque de pot ?Que faire de sa vie, quand le chemin semble tout tracé à cause d’une malédiction familiale ? Entre la saga tragique et hilarante des Décime, quelques personnages singuliers et attendrissants, une crêperie ambulante et une fille qui pleure sur un banc, on suit un Mortimer finalement résigné au pire. Mais qui sait si le Destin et l’Amour, qui n’en sont pas à une blague près, en ont réellement terminé avec lui ?

L’auteur :

Marie-Sabine Roger est notamment l’auteur, au Rouergue, de La tête en friche (adapté au cinéma par Jean Becker), de Vivement l’avenir (prix des Hebdos en région et prix Handi-Livres), et de Bon Rétablissement (prix des lecteurs de L’Express), qui est sorti en salles en septembre 2014, adapté de même par Jean Becker.

Mon avis :

De l’humour, de la légèreté et beaucoup d’humanité : encore une belle réussite ce livre de Marie-Sabine Roger.
Je suis cette auteure depuis “la tête en friche” pour son univers, son écriture et l’humanité qui se dégage de ses personnages. Une bonne dose d’humour vient renforcer le plaisir de la lecture.

Notre héros, Mortimer Décime attend la mort, résigné, car une malédiction pèse sur sa famille : chaque homme décède le jour de ses 36 ans. Depuis son enfance, il vit avec cette certitude, sa vie est marquée par une fin de vie programmée. Forcément, sa vie sera différente : il tentera des expériences multiples même risquées puisque la mort est planifiée. Autre conséquence : comment s’attacher à quelqu’un alors que l’on sait que l’on va mourir trentenaire ? Heureusement, une galerie de personnages bienveillants gravite autour de lui et lui portera assistance. Toute cette joyeuse bande d’amis l’aidera à surmonter l’incroyable destin qui l’attend.

Ses amis sont atypiques et décalés, débordent d’humanité, l’auteure sait aussi nous les rendre proche et nous les aimons aussi. La langue utilisée, drôle et inventive, rend les situations cocasses et nous fait sourire.
La grande leçon de ce livre : pour vivre heureux, prévoir une dose de légèreté, une dose d’optimisme et surtout beaucoup d’amour et de générosité.
Un livre qui fait du bien : surtout ne pas s’en priver.

Spéciale dédicace à Marie-Anne (SurlaroutedeJostein) qui m’a adressé ce livre : un grand merci.

 

Notation :

Noces de cire de Rupert Thomson

Noces de cire de Rupert Thomson
Noces de cire de Rupert Thomson

Résumé :

Florence, 1691. Zummo est un sculpteur de génie qui crée des statues de cire si délicates qu’elles semblent avoir pris vie. Il a fui sa Sicile natale pour trouver refuge dans une ville vérolée par la corruption, aveuglée par l’austérité, où les citoyens les plus riches assouvissent leurs désirs les plus pervers. Convoqué par le grand-duc qui lui a commandé une Vénus de cire grandeur nature, Zummo parcourt les ruelles labyrinthiques à la recherche d’une femme suffisamment parfaite pour servir de modèle. Mais la Toscane regorge de secrets et de dangers.

L’auteur :

Rupert Thomson est romancier britannique. À dix-sept, il a reçu une bourse pour Sidney Sussex College ,Cambridge, où il a étudié l’histoire médiévale et l’histoire de la pensée politique. Il a travaillé pendant quatre ans en tant que rédacteur à Londres, avant d’abandonner son emploi pour écrire à plein temps. Considéré comme l’un des écrivains les plus importants de sa génération, Rupert Thomson est l’auteur de huit romans. Son sixième roman, Rupture (The Book of Revelation, 1999), a été porté au cinéma par Ana Kokkinos.

Mon avis :

Un roman très bien écrit, érudit et troublant.

Le mélange des genres, récit historique et policier, étonne le lecteur.

L’intrigue est un peu longue à démarrer, ensuite, on rentre dans l’histoire qui nous entraîne dans le Florence du dix-septième siècle avec ses nobles, son clergé et des petites gens. Il est alors difficile de lâcher ce roman qui nous accroche, puisqu’une fois refermé, on continue d’y penser et de se poser des questions.

Zummo, est un artiste qui réalise des statues en cire, une matière qui lui permet de produire des objets plus vrais que nature. Le grand duc de Florence le convoque pour lui demander de fabriquer une femme en cire qui lui rappèlera sa femme disparue. Se lancer dans ce défi le conduit à rechercher un modèle, en même temps, il rencontre Faustina qui est en lien avec d’autres personnages importants du livre.

Étonnant et empli de mystère, avec une intrigue complexe, voici un livre exigeant qui happe le lecteur et ne laissera personne indifférent.

On ne peut s’empêcher de comparer ce roman au livre de Patrick Suskind “le parfum” pour son côté envoûtant, son érudition et l’écriture fluide de l’histoire.

Je vous le recommande et je remercie vivement les éditions Denoël pour cette belle découverte.

 

Traduit de l’anglais par Sophie Aslanides

Collection Denoël & d’ailleurs

Parution : 09-10-2014

 

 

Notation :