Rétrospective et coups de cœur 2014

Une très belle année littéraire 2014 avec ma participation au prix des lecteurs des éditions Points et de nouveaux partenariats avec des maisons d’éditions.

Merci aux maisons d’éditions qui m’ont permis de faire de si belles découvertes : Denoël, Folio, l’Archipel, Liana Levi, Sabine Wespieser et Points. Merci aussi à Libfly.

 

Dédicace spéciale à :

L’Ivresse du livre, ma librairie préférée

Mes deux blogs de référence : Carnets de lecture de Sophie et Sur le route de Jostein

Bien sûr un merci spécial à Mathilde, Sophie et Mariam : elles se reconnaîtront !

 

Mes dix romans préférés pour 2014 :

  1. L’épouse hollandaise d’Eric McCormack    –critique ici
  2. Joujou de Ève de Castro  –critique ici
  3. L’heure indigo de Kristin Harmel  –critique ici
  4. Peine perdue d’Olivier Adam  –critique ici
  5. Le peintre d’éventail de Hubert Haddad  –critique ici
  6. Marina Belleza de Sylvia Avallone  –critique ici
  7. Le livre des secrets de Fiona Kidman  –critique ici
  8. Angélique Le chemin de Versailles d’Anne Golon  –critique ici
  9. Le grand cœur de Jean-Christophe Ruffin
  10. Les douze tribus d’Hattie d’Ayana Mathis  –critique ici

La grâce des brigands de Véronique Ovaldé

 

Résumé :

Quand Maria Cristina Väätonen reçoit un appel téléphonique de sa mère, dont elle est sans nouvelles depuis des années, l’ordre qu’elle avait cru installer dans sa vie s’en trouve bouleversé. Celle-ci lui demande instamment de venir chercher pour l’adopter Peeleete, le fils de sa soeur.

Nous sommes en juin 1989, Maria Cristina vit avec son amie Joanne à Santa Monica (Los Angeles). Cela fait vingt ans qu’elle a quitté Lapérouse, et son univers archaïque pour la lumière de la ville et l’esprit libertaire de la Californie des années 70. Elle n’est plus la jeune fille contrainte de résister au silence taciturne d’un père, à la folie d’une mère et à la jalousie d’une sœur. Elle n’est plus non plus l’amante de Rafael Claramunt, un écrivain/mentor qu’elle voit de temps à autre et qui est toujours escorté par un homme au nom d’emprunt, Judy Garland. Encouragée par le succès de son premier roman, elle est déterminée à placer l’écriture au cœur de son existence, être une écrivaine et une femme libre. Quitte à composer avec la grâce des brigands.

L’auteur :

La Grâce des brigands est le quatrième livre qu’elle publie aux Éditions de l’Olivier, après Et mon cœur transparent (prix France Culture – Télérama 2008), Ce que je sais de Vera Candida (Grand Prix des lectrices de Elle 2010, prix France Télévisions 2009, prix Renaudot des lycéens 2009) et Des vies d’oiseaux (2011).

Mon avis :

Un grand merci aux Éditions Points qui m’ont permis de lire enfin cette auteure : eh oui, je l’avoue, c’est mon premier texte de Véronique Ovaldé.

Je peux dire que ce ne sera pas le dernier !

J’ai lu rapidement ce livre, happée par l’histoire.

Maria Cristina, est une héroïne flamboyante qui nous entraîne dans son sillage.

L’intrigue : une auteure qui a coupé tout échange avec sa famille, est rattrapée par ses origines et revient vers les siens.

Lorsque sa mère lui demande de venir, pour s’occuper de son neveu, malgré ses craintes de retrouver le décor de son enfance terne et triste, elle prendra la route tiraillée et inquiète.

Il faut dire que la Californie où elle vit depuis 20 ans l’a séduite par son soleil, sa richesse et ses couleurs vives. C’est là qu’elle a trouvé la célébrité comme auteure.

Elle a donc oublié sa jeunesse et vite tourné la page.

Peut-on tirer un trait sur son passé aussi facilement ? Son devoir d’assistance à sa famille va bouleverser sa belle vie californienne. Est-elle si heureuse après tout malgré la reconnaissance et l’argent ?

Une belle histoire tendre, pas si drôle finalement et très touchante.

J’ai aimé le style : très fluide, imagé, les chapitres courts et le rythme.

Véronique Ovaldé a un grand talent de conteuse.

Vivement son prochain roman, en attendant précipitez-vous sur celui-ci.

 

Notation :

Le roman du mariage de Jeffrey Eugenides

Résumé et biographie de l’auteur :

A l’université de Brown, au début des années 1980, une fille et deux garçons découvrent avec exaltation la littérature, le sexe, Roland Barthes et les Talking Heads. Mitchell tombe sous le charme de Madeleine, qui lui préfère Leonard… Tel un personnage de Jane Austen, la jeune femme se retrouve au cœur d’un dilemme amoureux. Mais les temps ont bien changé depuis l’époque d’Orgueil et Préjugés…

Jeffrey Eugenides, né dans le Michigan en 1960, est l’auteur de Virgin Suicides, adapté au cinéma par Sofia Coppola, et de Middlesex, récompensé par le prix Pulitzer.

Mon avis :

Une femme et deux hommes au cœur du roman que la couverture illustre parfaitement.

Ce trio amoureux est dépeint avec beaucoup de réalisme et de subtilité.

Fresque sociale des années 80 débutant à l’université, là où nos trois héros se rencontrent et débutent leur vie amoureuse.

Madeleine jeune femme issue d’un milieu aisé, tombe sous le charme de Léonard. Mitchell lui tombe amoureux de Madeleine dès qu’il l’aperçoit. Et Léonard ? Pour lui, tout est compliqué : après une enfance malheureuse, il devient dépressif pendant ses études. Malgré son état, il remarque Madeleine et cherche à la conquérir. Tout est bien qui finit bien semble-t-il, mais non finalement, tout se complexifie avec la maladie de Léonard. La suite, je vous laisse la découvrir.

Ce texte est bien écrit et rempli de références littéraires, avec un bémol : l’ensemble du texte est déstructuré, les digressions nombreuses et retours dans le passé sont gênants dans la lecture.

Face à ce livre, je suis donc partagée : au départ, j’ai été emballée par l’histoire et le style de l’écriture puis je me suis ennuyée au cours de la deuxième partie et je me suis même forcée à le terminer.

Des personnages pas assez attachants, des longueurs et la construction du récit qui est déroutante. Un roman qui s’essouffle au bout de 200 pages.

Globalement une déception, surtout face aux critiques dithyrambiques de la presse, je m’attendais a découvrir un chef d’oeuvre.

Maintenant à vous de voir.

Merci aux éditions Points.

 

Notation :

Le roi n’a pas sommeil de Cécile Coulon

Résumé :

Thomas Hogan aura pourtant tout fait pour exorciser ses démons ? les mêmes
qui torturaient déjà son père. Quand a-t-il basculé? Lorsque Paul l’a trahi pour rejoindre la bande de Calvin ? Lorsqu’il a découvert le Blue Budd, le poker et l’alcool de poire ? Lorsque Donna l’a entraîné naïvement derrière la scierie maudite ?

L’auteure : Cécile Coulon, a 23 ans, ce titre est déjà son quatrième livre, il a reçu le prix Mauvais genres 2012 décerné par France Culture et le Nouvel Observateur.

Mon avis :

Un Livre “coup de poing” qui marque.

Une histoire sombre à la limite du thriller, des personnages forts et un récit très tendu.

Le personnage principal Thomas est le fils de William, ouvrier alcoolique et de Mary une mère très attachée à son fils. William est dur, violent tout en aimant ses proches. Mary, quant à elle, adore son fils et le protège. La vie s’écoule tant bien que mal quand un accident vient tout bouleverser. A partir de là tout bascule, les caractères des personnages changent et une spirale infernale les entraine vers l’inexorable chute.

La sensation de malaise qui habite le récit à ce moment là, augmente la dimension réaliste de l’oeuvre.

Les personnages cabossés sont proches de ceux d’écrivains américains comme Steinbeck.

Le style concis et maitrisé impressionne le lecteur.

Un court récit pourtant riche en émotions, ce qui prouve qu’une grande histoire peut s’écrire en moins de 200 pages. Une performance !

Une belle découverte : merci aux Éditions Points et à sa sélection pour le meilleur roman 2014.

 

Notation :

Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? Jeannette Winterson

D’abord un grand merci aux éditions Points qui m’ont fait parvenir ce roman dans le cadre de la sélection du meilleur roman 2014.

Un roman qui a déjà obtenu le prix Marie-Claire 2012.

Extrait : C’est vrai, les histoires sont dangereuses, ma mère avait raison. Un livre est un tapis volant qui vous emporte loin. Un livre est une porte. Vous l’ouvrez. Vous en passez le seuil. En revenez-vous ?

Roman ou autobiographie ? Plutôt une autobiographie puisque l’auteure raconte son enfance et ses rapports avec sa famille d’adoption. Le personnage central est sa mère que l’on peut dépeindre comme une “Folcoche” à la Hervé Bazin.

Récit d’un combat, des tentatives de survie dans un milieu si hostile. Comment évoluer dans une maison où les romans sont interdits ?

Histoire d’une quête du bonheur qui passe par la littérature : Jeanette évolue et survit grâce aux livres.

Les interdits et souffrances imposės par sa mère vont forger son caractère. La lecture lui permet de se libérer du joug maternel, son opiniâtreté et son intelligence la mèneront à étudier à Oxford.

Jeannette dévore les livres : elle décide de lire tous les auteurs de sa bibliothèque en commençant par “A” puis continue en suivant l’alphabet mais se heurte à un auteur dont la lettre commence par “N” et qui la rebute. Je vous laisse découvrir de quel auteur il s’agit.

A seize ans, Jeanette quitte son foyer et sa mère lui balance la phrase qui est devenue le titre de ce récit : pourquoi être heureux quand on peut être normal ? Quelle incongruité !

Pas d’apitoiement dans ces mémoires, plutôt la démonstration d’une émancipation durement gagnée. Sauvée par les livres et la culture, son cheminement impressionne le lecteur.

Un beau livre que je conseille à tous : un texte émouvant, sans pathos, en résumé un plaidoyer pour la liberté de pensée.

 

Notation :