Vanessa Savage : La Maison

Résumé

La maison où Patrick a passé toute sa jeunesse n’est pas une demeure comme les autres. Quinze ans plus tôt, elle a été le théâtre d’un drame inconcevable : toute une famille y a été retrouvée massacrée. Patrick garde pourtant des souvenirs irremplaçables dans ces lieux, comme seule l’enfance sait en créer. Il décide de la racheter. Sa femme, Sarah, et leurs deux enfants s’y installent à contrecœur. Le délabrement , l’atmosphère sinistre qui colle à la maison oppressent Sarah. Ses psychoses reprennent, de plus en plus sombres. Des voisins épient chacun de ses mouvements. La tension monte.

L’auteur

Vanessa Savage, graphiste et illustratrice, vit dans le sud du Pays de Galles avec son mari et ses deux filles. La Maison est son premier roman.

Mon avis

Un bon thriller psychologique que je n’arrivais pas à lâcher.

Je l’ai dévoré : accrochée à cette histoire de maison cauchemardesque qui cache de sombres secrets.

La tension est forte, on frissonne tout en en redemandant.

La succession de chapitres entrecoupés d’une voix « off » qui épie Sarah et ses proches, donne un rythme rapide et oppressant.

Très douée pour maintenir une pression et nous angoisser, l’auteure nous emporte dans une histoire complexe addictive.

Comment Sarah et ses proches pourront-ils échapper aux multiples dangers liés à cette maudite maison ?

Découvrez ce nouveau titre aux Éditions de la Martinière.

Notation :

Ragnar Jónasson : Sótt

Sótt
Sótt

Résumé :

Mais que se passe-t-il encore à Siglufjördur ? L’inspecteur Ari Thor n’est pas venu à bout des secrets de ce village en apparence si tranquille.
Lui qui avait fini par se faire à la rudesse du climat et aux hivers trop longs se sent de nouveau pris à la gorge par un terrible sentiment de claustrophobie.
La ville est mise sous quarantaine car on suspecte une épidémie de fièvre hémorragique ( sótt, en islandais).  Les premières victimes succombent tandis qu’un crime vieux de cinquante ans remonte à la surface… 

L’auteur :

Ragnar Jónasson est né à Reykjavik en 1976. Ses grands-parents sont originaires de Siglufjördur. Grand lecteur d’Agatha Christie dès son plus jeune âge, il entreprend la traduction, à 17 ans, de quatorze de ses romans en islandais. Avocat fiscaliste, il est aussi le cofondateur du Festival international de romans policiers Iceland Noir. C’est l’agent d’Henning Mankell qui a découvert Jónasson et vendu les droits de la série des enquêtes d’Ari Thór dans vingt-et-un pays dont les États-Unis, la Suède ou l’Angleterre, où elle rencontre partout un immense succès.

Mon avis :

Ce quatrième opus m’a autant accrochée que les précédents.

J’ai retrouvé avec grand plaisir Ari Thór, le jeune inspecteur, et l’ambiance islandaise.

Le jeune policier est attachant, l’auteur mélange vie privée des policiers et l’enquête pour une immersion complète. Retrouver des personnages comme sa compagne Kristín, la journaliste Isrún et le policier Tómas renforce l’intérêt du lecteur.

Nous sommes face à plusieurs intrigues contemporaines et une histoire du passé alors qu’une épidémie enferme les habitants de Siglufjördur. L’isolement dû à cet épisode de menace de contagion rend le climat d’autant plus pesant.

Lorsqu’un homme demande à l’inspecteur de se pencher sur une énigme vieille de cinquante ans, Ari n’hésite pas et se lance dans cette aventure. Comment expliquer la mort de cette jeune femme à Hédinsfjördur ? Comme le précise l’auteur dans le prologue, ce magnifique fiord est inhabité depuis les années cinquante et accessible en voiture seulement depuis quelques années. Le froid et l’isolement sont-ils les seuls facteurs de la mort de la jeune femme ? Retrouver des traces du passé et démêler une histoire complexe, telle est la nouvelle mission d’Ari.

Lors de chaque enquête, je me téléporte en Islande, je regarde sur Internet où se situent les lieux décrits et je me régale.

Des chapitres courts et une écriture très fluide dynamisent la lecture qui devient addictive.

Fan de la première heure, je reste attachée à cet auteur qui m’apporte dépaysement et plaisir de lecture. Pourquoi s’en priver ?

À retrouver aux éditions La Martinière.

Notation :

Paola Masino : La Massaia

La Massaia
La Massaia

Résumé :

Voici une petite fille qui a décidé de ne rien faire comme tout le monde. Elle a choisi de vivre… dans une malle. Oubliée de sa famille et de la société, entièrement absorbée par ses questionnements sur le sens de l’existence, elle ignore les devoirs qui incombent à toute femme. Car, sous l’Italie fasciste – où l’on devine que se situe le roman –, les femmes sont assignées au mariage et à leur foyer : «Des enfants, des enfants ! » assénait Mussolini. Sale, repoussante, cette étrange créature fait le désespoir de sa mère. Jusqu’au jour où elle cède à ses suppliques : adolescente, elle sort de la malle.

L’auteur :

À l’instar de son héroïne, Paola Masino (1908-1989) fut une femme moderne et émancipée, très critique à l’égard des valeurs réactionnaires du fascisme. Intellectuelle d’avant-garde, figure des cercles artistiques et littéraires du XXe siècle, elle fit scandale dans son pays par sa liaison avec l’écrivain Massimo Bontempelli, séparé de son épouse et de trente ans son aîné. Francophile, elle fut aussi la traductrice en Italie de Barbey d’Aurevilly, Balzac ou Stendhal.

Mon avis :

Avant même d’entamer la lecture, l’histoire du livre est déjà extraordinaire et m’a interpellée : le livre a été censuré par les fascistes puis l’imprimerie produisant le livre a brûlé et l’auteur a dû reconstituer son roman. C’est aussi une première traduction française soixante-quinze ans après sa publication en Italie.

La « Massaia » est une ménagère ou femme au foyer, un synonyme de la femme dans ces années quarante. Bien qu’issue d’un milieu aisé, notre héroïne n’échappe pas à la condition subalterne de la femme.

Oui c’est un roman féministe mais pas uniquement car cette fable atypique est également le reflet d’une époque.

Après une enfance différente, cachée dans une malle, à peine sortie de sa chrysalide, elle devient une Massaia, une épouse modèle qui doit répondre tous les besoins de son mari quitte à se renier.

Le style parfois grandiloquent et théâtral peut étonner le lecteur sans nuire au plaisir de lecture.

Si on aime les livres qui surprennent avec du fonds, je vous le conseille car vous serez comblés.

Paru aux éditions de la Martinière le 29 août 2018.

Notation :

Ma sélection pour l’été

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici mon best-of, mes coups de cœur du printemps à emporter et dévorer cet été dans les domaines de la littérature, du thriller. Tous ces titres m’ont bouleversée et je vous les recommande chaudement.

et deux titres dans la catégorie « développement personnel »

Littérature :

Des nouvelles du monde de Paulette Jiles

http://www.despagesetdesiles.fr/paulette-jiles-des-nouvelles-du-monde/

Poste restante à Locmaria de Lorraine Fouchet

http://www.despagesetdesiles.fr/lorraine-fouchet-poste-restante-a-locmaria/

Les garçons de l’été de Rebecca Lighieri

http://www.despagesetdesiles.fr/rebecca-lighieri-les-garcons-de-lete/

Thriller :

Condor de Caryl Ferey

http://www.despagesetdesiles.fr/caryl-ferey-condor/

Boreal de Sonja Delzongle

http://www.despagesetdesiles.fr/sonja-delzongle-boreal/

Qaanaaq de Mo Malo

http://www.despagesetdesiles.fr/mo-malo-qaanaaq/

Développement personnel :

La magie du sommeil d’Isalou Regen

http://www.despagesetdesiles.fr/isalou-regen-la-magie-du-sommeil/

Votre meilleur ami c’est vous de Claire Mizzi

http://www.despagesetdesiles.fr/claire-mizzi-votre-meilleur-ami-cest-vous/

 

 

Mo Malo : Qaanaaq

Qaanaaq
Qaanaaq

Résumé :

Adopté à l’âge de trois ans, Qaanaaq Adriensen n’a jamais remis les pieds sur sa terre natale, le Groenland. C’est à contrecoeur que ce redoutable enquêteur de Copenhague accepte d’aller aider la police locale, démunie devant ce qui s’annonce comme la plus grande affaire criminelle du pays : quatre ouvriers de plateformes pétrolières ont été retrouvés, le corps déchiqueté. Les blessures semblent caractéristiques d’une attaque d’ours polaire. Mais depuis quand les ours crochètent-ils les portes ?

L’auteur :

Mo Malø est l’auteur de nombreux ouvrages, sous d’autres identités. Il vit en France. Qaanaaq est son premier roman policier.

Mon avis :

Un thriller redoutablement efficace et passionnant.

Oui, je suis dithyrambique car ce livre cumule les plaisirs de lecture : une enquête policière savamment orchestrée et la découverte d’une contrée peu racontée et de la culture inuite.

Dès les premières pages, nous sommes transportés au Groenland aux côtés de Qaanaaq, un inspecteur venu de Copenhague pour aider à résoudre une enquête bien difficile. L’auteur a l’art de nous embarquer dans ce pays aux prises avec la montée des indépendantistes et l’appétit croissant des compagnies pétrolières. Le Groenland possède un cinquième des réserves de pétrole brut, beaucoup d’argent est en jeu.

L’enquête complexe et riche en rebondissements emmène le lecteur au cœur d’une barge pétrolière, chez les inuits rebelles et dans une contrée au nord-ouest du Groenland qui se nomme Qaanaaq, comme notre héros.

Ce qui est passionnant, en parallèle de l’enquête, c’est l’immersion aux côtés de ce peuple inuit, des chamanes qui les guident et les protègent des esprits malfaisants comme celui de Nanuq l’ours polaire.

Hyper réaliste et glaçant, bon effectivement le jeu de mot est facile, mais promis ce polar est excellent. Plongez-vous dans ce roman qui est aussi un grand récit d’aventures.

Merci à l’Agence Anne et Arnaud pour cette belle découverte.

Publié aux Éditions de la Martinière.

Notation :