Rétrospective et coups de cœur 2014

Une très belle année littéraire 2014 avec ma participation au prix des lecteurs des éditions Points et de nouveaux partenariats avec des maisons d’éditions.

Merci aux maisons d’éditions qui m’ont permis de faire de si belles découvertes : Denoël, Folio, l’Archipel, Liana Levi, Sabine Wespieser et Points. Merci aussi à Libfly.

 

Dédicace spéciale à :

L’Ivresse du livre, ma librairie préférée

Mes deux blogs de référence : Carnets de lecture de Sophie et Sur le route de Jostein

Bien sûr un merci spécial à Mathilde, Sophie et Mariam : elles se reconnaîtront !

 

Mes dix romans préférés pour 2014 :

  1. L’épouse hollandaise d’Eric McCormack    –critique ici
  2. Joujou de Ève de Castro  –critique ici
  3. L’heure indigo de Kristin Harmel  –critique ici
  4. Peine perdue d’Olivier Adam  –critique ici
  5. Le peintre d’éventail de Hubert Haddad  –critique ici
  6. Marina Belleza de Sylvia Avallone  –critique ici
  7. Le livre des secrets de Fiona Kidman  –critique ici
  8. Angélique Le chemin de Versailles d’Anne Golon  –critique ici
  9. Le grand cœur de Jean-Christophe Ruffin
  10. Les douze tribus d’Hattie d’Ayana Mathis  –critique ici

N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures de Paola Pigani

N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures de Paola Pigani
N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures de Paola Pigani

Résumé :

Autour du feu, les hommes du clan ont le regard sombre en ce printemps 1940; un décret interdit la libre circulation des nomades et les roulottes sont à l’arrêt. Bientôt, la Kommandantur d’Angoulême exige que tous ceux de Charente soient rassemblés dans le camp des Alliers. Alba y entre avec les siens dans l’insouciance de l’enfance. À quatorze ans, elle est loin d’imaginer qu’elle passera là six longues années, rythmées par l’appel du matin, la soupe bleue à force d’être claire, le mauvais sommeil… C’est dans ce temps suspendu, loin des forêts et des chevaux, qu’elle deviendra femme au milieu de la folie des hommes.

L’auteur :

Née en 1963 dans les Charentes d’une famille d’immigrés italiens, Paola Pigani vit à Lyon. Auteure de poésie et nouvelles. Elle explore depuis de nombreuses années le monde de l’enfance, celui pour lequel elle travaille et celui qui lui a donné “le vain amour des mots, levain dont on fait le pain de chaque jour”.

Mon avis :

Un beau texte poignant sur une page de l’histoire de la seconde guerre mondiale peu connue. Un témoignage issu de la rencontre de l’auteure et d’une rescapée de ce camp qui lui a raconté son histoire.

Au travers des souvenirs d’Alba aujourd’hui âgée de quatre-vingt ans, nous suivons le quotidien de 350 tziganes enfermés dans un camp entre 1940 et 1946. Alors âgée de quatorze ans, Alba arrive dans ce camp à Angoulême avec sa famille. Ce qui frappe, c’est le décalage entre la vie nomade très libre de ce peuple et les restrictions imposées par l’état français.

Les manouches ne fréquentent pas les “gadje” et vivent différemment : la verdine ou roulotte est leur maison, le cheval qui tire cette roulotte fait partie de la famille et tous travaillent de leurs mains pour vivre. Les parents d’Alba étaient forains avant la guerre.

Quel décalage et tristesse en découvrant ce camp : privés de liberté, de leur roulotte, de leur cheval et de toute activité de leur vie d’avant. Ils vont souffrir de la faim, de maladie et d’ennui. Maria, la mère d’Alba, est particulièrement émouvante : aveugle, elle communique avec ses enfants à la voix et avec ses mains. Au toucher, elle ressent toutes leurs émotions et les consolent. Le père, fier comme tous les manouches, fera tout pour améliorer leur quotidien par son travail. Des personnages forts vivants et attachants.

Un style fluide, poétique et pur. Une histoire qui émeut, interpelle et se lit facilement.

Je vous recommande cette lecture pour ses qualités littéraires et l’intérêt du sujet.

Un grand merci aux éditions Liana Levi.

 

 

Notation :

Rentrée littéraire : Marina Bellezza de Silvia Avallone

Marina Bellezza
Marina Bellezza

Résumé : Marina Bellezza

L’avenir est à réinventer dans cette vallée coincée entre des montagnes de granit. Une départementale bordée par les carcasses des filatures abandonnées mène à des villages silencieux, un no man’s land aux confins de l’Italie. Pour Marina, vingt-deux ans, un corps et une voix de déesse, le futur se joue résolument ailleurs. Sur les plateaux de télé qui métamorphosent les starlettes de province en divas. Pour Andrea, fils d’une famille de notables, l’Eldorado est à portée de main. Dans la ferme d’alpage de son grand-père. Mais les rêves de ces deux héros contemporains se cognent à l’amour impossible qui les unit depuis l’adolescence.

L’auteur :

Silvia Avallone est née en 1984. Originaire de Biella, dans ces Alpes piémontaises auxquelles elle rend ici hommage, elle vit aujourd’hui à Bologne. En 2010, D’acier, son premier roman, la propulse au premier plan de la scène littéraire italienne et internationale avant d’être adapté au cinéma. En France, il remporte le Prix des lecteurs de L’Express 2011 et le magazine Lire le distingue dans la catégorie «Meilleur premier roman étranger».

Mon avis :

L’histoire de deux jeunes qui se cherchent, se quittent et se retrouvent et en même temps un portrait de l’Italie du Nord sous l’effet de la crise.

Marina rêve d’être une star de la chanson pour devenir célèbre mais surtout pour que son père se rapproche d’elle. Celui-ci passe sa vie d’un casino à l’autre et a quitté sa famille pour une vie plus glamour. Marina est écartelée entre un père amateur de grosses voitures peu présent et une mère alcoolique dont elle a honte. Difficile de s’affirmer dans ce contexte. Justement, Marina devient une lionne redoublant d’énergie et d’envie de réussir si on critique ses parents. Andrea, amoureux fou de Marina, s’oppose à tous pour conquérir sa belle tout en rêvant de devenir agriculteur comme son grand-père.

Une histoire d’amour, des tensions familiales sur fond de crise dans cette vallée perdue : tels sont les ingrédients de ce récit.

J’ai partagé les joies et peines des héros que l’auteur parvient à nous rendre proches et attachants. Des écorchés, à vif, le tout servi par une écriture et un rythme au diapason. Un livre épais qui se lit vite grâce à la fluidité du style et aux personnages très attachants qu’on a du mal à lâcher.

Une jeune auteure découverte en 2011 avec le livre “D’acier” qui a obtenu le prix des lecteurs de l’Express.

Un bon livre, pas assez mis en avant en cette rentrée et que je vous conseille.

Une belle histoire avec un bon style, un grand sens romanesque et une peinture de l’Italie d’aujourd’hui : à découvrir.

Merci aux editions Liana Levi pour cette belle découverte.

 

Notation :